Bonne nouvelle pour les chauffages électriques, cette réforme va faire gagner une classe de DPE

Bonne nouvelle pour les chauffages électriques, cette réforme va faire gagner une classe de DPE

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Depuis sa réforme, le DPE suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes parmi les propriétaires. Le DPE, vous le savez, est cet indicateur clé qui renseigne sur la consommation énergétique d’un logement et son impact sur l’environnement. L’initiative est louable, mais dans les faits, les résultats sont très disparates et surtout inégalitaires selon les types de chauffage. C’est le cas pour les logements chauffés à l’électricité, désavantagés par rapport aux autres types de chauffage.

Un traitement injuste des logements électriques ?

D’abord, il faut savoir que le DPE a subi d’importantes réformes ces deux dernières années. Ces changements radicaux dans les règles de calcul ont de quoi faire paniquer les propriétaires, et notamment pour ceux qui se chauffent à l’électricité. En effet, dans le calcul de la note attribuée à un logement, on distingue la consommation au gaz de la consommation à l’électrique. Jusqu’ici rien de bien compliqué.

Mais là les choses se compliquent : pour la consommation au gaz, une unité consommée est considérée comme une unité utilisée. Tout semble logique. Cependant, pour la consommation électrique, une unité consommée est comptabilisée pour 2,3 unités utilisées. Vous avez bien lu : 2,3 ! Cette valeur, appelée coefficient de conversion, est liée au fait que pour acheminer l’électricité de la source jusqu’à chez vous, il y a une perte d’énergie.

Le coefficient de conversion, une donnée technique qui a son importance

Mais voilà, ce coefficient de conversion est loin de faire l’unanimité. Pourquoi ? Parce qu’il tend à pénaliser les logements qui fonctionnent à l’électricité. En effet, si, en tant que consommateur, vous consommez une unité d’énergie électrique, ce n’est pas de votre faute si le réseau acheminant cette énergie produite en grande partie par le nucléaire en perd une partie en chemin. Pourtant, c’est bien vous, propriétaires de logements électriques, qui êtes pénalisés par cette règle. C’est pour cette raison que des radiateurs ou des chauffe-eau électriques performants viennent baisser la note globale d’un DPE. À cause de ce coefficient, bon nombre de logements se retrouvent classés en F ou G alors qu’ils pourraient, sans ce coefficient, atteindre les notes D voire C.

Une proposition de loi pour rétablir l’équité ?

Heureusement, une lueur d’espoir se dessine à l’horizon pour les propriétés de logements électriques. Une proposition de loi a été soumise par des sénateurs pour revoir ce fameux coefficient de conversion. L’objectif ? Rétablir une forme d’équité entre les logements gaz et électriques. Si cette proposition de loi passe, cela pourrait conduire à une réévaluation des notes des logements électriques, qui pourraient ainsi obtenir une meilleure note sur leur DPE.

Il est important de souligner que cette proposition de loi pourrait avoir un impact notable pour bon nombre de propriétaires de logements électriques. En effet, aujourd’hui, 41% des logements seraient concernés par cette “injustice” du DPE. C’est sans compter également tous les foyers utilisant un chauffage d’appoint électrique. Et pour ces propriétaires, l’épée de Damoclès est suspendue au-dessus de leur tête. Car n’oublions pas que dès le 1er janvier 2025, les logements classés F ou G ne pourront plus être loués.

Il est donc crucial pour ces propriétaires de voir cette proposition de loi passer. Si c’est le cas, cela pourrait permettre de reclasser de nombreux logements et ainsi les sauver de l’interdiction de location, sans entreprendre des travaux lourds et coûteux pour changer tout le système de chauffage, dont beaucoup de propriétaire ne peuvent d’ailleurs pas se le permettre.

Et après ?

Comme vous l’aurez compris, le DPE est un sujet brûlant et ses multiples rebondissements sont loin de laisser les propriétaires indifférents. Si la proposition de loi concernant le coefficient de conversion des logements électriques passe, cela pourrait représenter une véritable bouffée d’oxygène pour de nombreux propriétaires.

Pour autant, il y a fort à parier que le DPE va encore évoluer, et plutôt positivement. Bruno Le Maire, ministre de l’économie, annonçait récemment qu’il fallait “simplifier” le DPE. Le gouvernement cherche un équilibre : atteindre ses objectifs de réductions des gaz à effet de serre dans le secteur résidentiel, sans pour autant pénaliser trop fortement les propriétaires ou accentuer une crise immobilière larvée.

Quant aux chauffages du futur, l’électricité ne sera plus l’énergie principale utilisée pour produire plus de chaleur. On tend sur davantage d’énergies renouvelables. Toujours est-il qu’en attendant, beaucoup de foyers français se chauffent uniquement à l’électricité. Les exclure de l’équation serait un faute sociale et politique majeure.

Cassandra