Maison en pierre construite en 1857 et classé B sur le DPE

Il rénove une ancienne maison en pierre Alsacienne de 1857 et la fait passer en B sur le DPE

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Le confort de vie moderne ne s’oppose pas nécessairement au respect de l’environnement et à la préservation du patrimoine. C’est l’histoire d’une maison alsacienne, vieille de près de deux siècles, qui a su trouver un équilibre parfait entre ces deux mondes. Christophe, son propriétaire, explique sur la chaine YouTube de Papy Claude / Soigner L’Habitat comment il a su passer cette vieille maison en pierre d’un bien non soumis au DPE, à un DPE classé B aux excellentes performances énergétiques. Même si le DPE est de plus en plus décrié, cette note est impressionnante pour un bâtiment si ancien.

Un voyage dans le temps

La demeure, une ancienne maison forestière, vit le jour en 1857. Elle fut pendant de nombreuses années désertée et utilisée comme bureau avant que Christophe, un habitologue passionné, ne décide de la réhabiliter pour en faire sa résidence familiale. Et les propriétaires savent à quel point il est difficile d’augmenter le DPE d’un logement ancien. Nous partagions l’exemple récemment d’un appartement parisien bien rénové, classé F sur le DPE, malgré de gros investissements.

Ce qui est exceptionnel dans ce projet, c’est que la maison possède encore le livret de construction de 1857, l’année où la maison a été construite. Comme ce bâtiment était une construction d’État (une maison pour un garde forestier, un fonctionner d’État), tout le suivi de la construction a été consigné dans un livret. Et 170 plus tard, ce livret est dans un état de conservation exceptionnel.

Tout y est : les matériaux utilisés, leur provenance, leur coût, leur quantité, les recettes des mortiers, le prix de la main d’œuvre, le nom des entreprises… Il est très rare aujourd’hui d’avoir ce type de document pour des bâtiments ancien, en aussi bon état de conservation, avec tout l’historique de construction. Au-delà de la qualité historique exceptionnelle de ce bâtiment, c’est surtout une mine d’or d’informations pour améliorer les performances énergétiques de la maison.

Il lui a fallu faire face à un défi de taille : comment moderniser et améliorer les performances énergétiques d’une demeure ancestrale tout en préservant son identité et son cachet historique ?

Livret de construction de la maison en pierre de 1857 de Christophe. Extrait de la vidéo de la chaine YouTube
Papy Claude / Soigner L'Habitat, "DPE, énergie B et Gaz à Effet de Serre A, VMC simple flux, chauffage bois, isolation", publiée le 17 décembre 2023.
Le livret de construction de la maison de 1857 est non seulement en excellent état de conservation, mais est également une mine d’or d’informations pour améliorer les performances énergétiques de l’existant. Extrait de la vidéo de la chaine YouTube Papy Claude / Soigner L’Habitat, “DPE, énergie B et Gaz à Effet de Serre A, VMC simple flux, chauffage bois, isolation”, publiée le 17 décembre 2023.

Une performance énergétique exceptionnelle

Christophe a suivi une approche holistique pour la rénovation, en accordant une attention particulière à chaque détail, des murs aux toits, en passant par les fenêtres. C’est ainsi qu’il a réussi à obtenir un DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) étonnamment favorable pour une maison de plus de 170 ans. Le niveau B pour la partie énergétique et le niveau A pour les GES (Gaz à Effet de Serre) ont été atteints sans la nécessité d’un équipement sophistiqué comme une pompe à chaleur ou une VMC double flux thermodynamique.

La toiture, quant à elle, a bénéficié d’une isolation en laine de bois de 35 cm dans les rampants de toiture, et 30 cm de ouate de cellulose dans les combles perdus. Un choix qui a permis d’atteindre un déphasage optimisé, garantissant un excellent confort été comme hiver.

Une modernisation respectueuse du patrimoine

Dans le respect des normes de construction de l’époque, les menuiseries ont aussi fait l’objet d’une rénovation minutieuse. Des fenêtres en pose semi-tunnel ont été installées et l’embrasure intérieure a été habillée pour résoudre le problème du pont thermique. Cette solution a permis d’offrir à la maison une isolation optimale tout en préservant son cachet architectural.

Des choix audacieux pour l’isolation

Le sol n’a pas fait l’objet d’une isolation spécifique. La partie de la maison située sur le sous-sol de type cave est restée en l’état. L’autre partie, sur un hérisson ou une dalle de terre battue, a été aménagée avec une chape conventionnelle avant carrelage.

Pour l’isolation des murs verticaux externes, Christophe a opté pour un chaux-chanvre projeté, appliqué directement sur les murs en pierre d’origine, épais de 50 à 60 cm. Cela a permis d’ajouter une correction thermique à la pierre, améliorant ainsi les performances énergétiques de la maison sans altérer son aspect esthétique. L’épaisseur moyenne est de 10 cm, une générosité qui a permis de limiter les ponts thermiques.

Un chauffage adapté

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la maison ne dispose pas d’un système de chauffage ultra performant et très coûteux. La maison est chauffée entièrement avec un système hybride : un poêle à bois bûche de type bouilleur qui rayonne à 30% de ce qu’il produit comme chaleur, et 70% est consacré à la production d’eau chaude dans un ballon tampon. Ce chauffage, très économique et très écologique, est d’un excellent rapport qualité/prix pour augmenter sa note de DPE sans se ruiner. Cela n’a effectivement pas empêché Christophe de réussir à obtenir une performance énergétique exceptionnelle. Il consomme entre 7 et 10 stère de bois par an pour une maison de 180 m² et une famille de 4 personnes, ce qui est très intéressant économiquement parlant, d’autant plus que son bois de chauffage provient de son terrain.

En outre, le poêle à bois était le chauffage qui correspondait le mieux à l’ancienneté du bâti. Il se rapproche en effet beaucoup de ce qui se faisait à l’époque en termes de chauffage. Contrairement à d’autres systèmes plus modernes, il respecte mieux la configuration actuelle de ce bâtiment historique, ne nécessitant pas de lourds travaux pouvant détériorer l’existant. Christophe s’est refusé à mettre un chauffe-eau électrique pour l’instant.

Enfin, des panneaux solaires lui permettent de chauffer son eau en inter-saison ou l’été, lorsqu’il n’y a pas besoin d’allumer le chauffage. Malin ! Tous les détails techniques dans la viddéo ci-dessous.

Vidéo de la chaine YouTube Papy Claude / Soigner L’Habitat, “DPE, énergie B et Gaz à Effet de Serre A, VMC simple flux, chauffage bois, isolation”, publiée le 17 décembre 2023.

Un exemple de rénovation énergétique réussie dans une maison (très) ancienne

Cette rénovation est l’exemple parfait qu’il est possible de conjuguer confort moderne et respect du patrimoine, que l’on peut vivre dans une maison ancestrale sans avoir à renoncer au confort que nous offre la technologie moderne. Ce projet prouve également qu’un bâtiment ancien peut atteindre une performance énergétique remarquable sans nécessiter d’équipements high-tech.

La maison de Christophe offre aujourd’hui à sa famille un lieu de vie sain, confortable et respectueux de l’environnement. Une prouesse qui mérite d’être saluée et qui prouve qu’avec de la passion et de l’engagement, il est possible de transformer un bâtiment ancien en une demeure moderne et éco-responsable.

Cassandra